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Le lieu du crime
Ah! mes chers lecteurs… mon snobisme me perdra! Le café des Beaux-Arts, endroit que je croyais d’exception, niché au coeur de mon musée préféré où, je m’y voyais déjà, Marc- Aurèle Fortin et Jean-Paul Riopelle viendraient siroter leur café à mes côtés, le petit doigt en l’air; le café des beaux-arts, que j’avais tant fantasmé; le café des beaux-arts, qui se présente comme un « élégant bistro » proposant « une cuisine raffinée, gourmande, audacieusement inventive » servie par un « service courtois et attentif« , m’a drôlement déçue.
Le Café des Beaux-Arts est finalement peu connu du grand public. Peu référencé, peu commenté, on sait seulement de lui sur la toile qu’il a obtenu 4 étoiles dans le Guide Voir (en quelle année, hein? 1980? – et pourtant non, la critique date de 2009). La lecture par ailleurs de ce respecté critique me prépare au meilleur : « S’attabler au Café des beaux-arts est un pur ravissement: les viandes, poissons et fruits de mer sont cuits à la perfection, les sauces, recherchées et harmonieuses, les légumes de saison sont traités avec originalité, et le tout est disposé dans les assiettes avec un grand sens de l’esthétisme. «
Bon, en vrai (enfin, tel que je l’ai vécu), cela donne ceci: s’attabler au Café des beaux-arts est un peu comme une punition : notre table donne sur le mur, avec pour seule vue le décor triste et passé de la salle, dont la couleur jaune moutarde contraste avec l’architecture classique et épurée du musée. Les tables, recouvertes de napperons en papier, ne sont égayées que par les assiettes bien frugales que nous apportent des serveurs, dont la décontraction ressemble à s’y méprendre à de l’amateurisme. « Ça prend du temps, mais c’est parce que j’ai oublié de passer votre commande; ça sera pas bien long, je vous ai fait passer en rush », me dit la serveuse, l’air hilare. Sa bonne humeur ne console pas mon dépit. Moi qui ne suis pas très dessert (sauf ceux de Célia), je suis obligée d’en prendre, tellement j’ai faim!
Pourtant, la carte est belle en effet; rien que du classique, mais qui fait saliver: une soupe de poisson gratinée, du boudin maison, des pétoncles, de la bavette. Et en dessert : une tarte au citron, un fondant au chocolat (celui que la serveuse a oublié de commander, alors qu’il demande un temps d’attente de 15 mns – j’ai dû y renoncer), une crème brûlée (honnête, mais sans plus). La nourriture est bonne, pas inoubliable, mais bonne quand même. Le restaurant est dirigé par Richard Bastien, également chef-proprio du Mitoyen et du Leméac. Je suis déjà allée au Leméac, et je préfère vous prévenir : le Café des Beaux-Arts n’a rien à voir avec son grand-frère d’Outremont, hormis la catégorie de prix peut-être qui, dans le cas du Leméac, se justifie amplement.
Je résiste à la tentation de lui décerner une chaussette sale, parce que ce serait totalement injuste, mais c’est la première fois que je sors d’un restaurant énervée, non seulement d’avoir perdu tant de temps attablée, un jour de semaine (où normalement le service devrait être plus rapide), mais d’avoir payé aussi cher un repas qui n’en valait pas le prix.

Crédit : Flickr Felicity Shoulders


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Ouch…
finalement il la méritait sa chaussette sale…
Non, je ne suis pas si méchante! Y as-tu été?