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Il me faut vous rendre compte d’un repas à l’Institut de Tourisme et d’Hotêllerie du Québec : dur, dur, car je suis partagée entre l’attendrissement et la déception.
Je parle du Restaurant de l’Institut, celui où officient les élèves de dernière année, et qui se dit être « l’une des meilleurs tables de Montréal » : un très bon plan en apparence. A l’image des établissements du même genre que j’avais déjà fréquentés avec grande satisfaction en France, l’ITHQ offre des menus dignes de restaurants chics et chocs à des prix pas chocs. Le seule hic, -c’est le moment ou le chic perd son « c »-…, c’est que rien n’est à la hauteur, excepté la gentillesse des serveurs.

crédits photos : tourisme-montreal.org
Passons sur le cadre un peu ringard qui donne l’impression d’être dans un vieil hôtel de famille - à la rigueur, c’est sympa. La bonne humeur des serveurs et l’intérêt dont ils témoignent pour le métier est communicatif , et ils savent de quoi ils parlent, jusqu’à vous citer les 36 ingrédients de votre plat (que vous avez déjà oubliés rendu au dixième) – et quand ils ne le savent pas, ils ont l’honnêteté de vous le dire et reviennent avec la réponse. On leur pardonne donc volontiers les petites fautes de service comme l’oubli de l’eau et du pain (qui aurait sans doute valu d’être recalé à l’exam de fin d’année) ou encore la chute d’une portion de mon dessert tout proche de la ligne d’arrivée (mais allez-y aussi, vous, apporter 4 éléments instables sur une assiette sans rebord, je voudrais vous y voir!).
Pour le reste (et quand même le principal), c’est assez décevant : on paye un prix relativement élevé (autour de 45-50 $) pour un plat incluant une entrée ou un dessert au choix plus le café/thé. Certes, les ingrédients sont de grande qualité : homard, saumon fumé maison, œufs de poissons volants ou encore tartare de cerf… Tout cela a un prix, c’est bien normal. Mais, là où ça pêche, c’est qu’on essaie d’imiter de la grâânde cuisine et qu’on en est encore loin…
D’abord, la présentation des plats, qui s’essaye à l’art contemporain, n’est pas toujours heureuse : la trilogie de gnocchis en entrée (à la courge et au thym citronné, à la citrouille et au pesto de tomates séchées, aux pommes de terre et au pesto alla Genovesese … reprenez votre souffle) se présente comme une quinzaine de petits bouts de pâtes aux couleurs délavées (et au goût aussi), répartis en pluie dans l’assiette, ponctués de gouttes de vinaigre balsamique… le résultat ne me donne pas vraiment l’eau à la bouche (et plutôt l’envie de sortir mon parapluie).

Ensuite, les portions sont souvent assorties de féculents inutiles, les rendant trop copieuses pour une cuisine « fine ». Pour garder la présentation contemporaine, les assiettes sont élargies en conséquence : pauvres serveurs qui doivent transporter des plats brûlants de 50cm de large !
Un mot sur le goût (que nous ferait presque oublier cette présentation tonitruante): d’après ce que nous dit le serveur, on comprend que chaque plat a nécessité plusieurs heures de travail : je me dit « chic, y a bon ! » Puis lorsque je goûte au « homard en trois façons » (médaillons parfumés à la sauce matelote, rotolo et sa sauce à l’américaine, chair confite sur pain au lait maison), je trouve que la chair de homard est cachée par le dit pain de mie au goût pas-maison trempé dans une sauce au beurre des plus communes… j’essaye la 2ème façon, soit les (6!) cannellonis de homard… je perds la trace du homard…. Quant au tartare de cerf, ketchup de tomates maison et pain aux deux lins, si la viande est très bonne (ouf), le pain maison s’est transformé en une vulgaire biscotte de placard. Arrivons au dessert : la pannacota au chocolat (et je ne me rappelle plus la suite du nom ronflant…) ressemble à une danette au caramel et le gâteau financier qui l’accompagne à une génoise de peu de goût…
Parlons un peu des vins : la carte est courte, mais surtout, si vous comptez vous en tirer à moins de 70 dollars, vous êtes à la mauvaise place… Seuls quelques beaujolais autour des 50 dollars (!) retiennent l’attention, les vins autour de 45 dollars (qui se comptent sur les 3 doigts de la main qu’il me reste après une fin de semaine à -30°C) sont chiliens ou argentins type malbec-qui-vous-arrache-la-tête… Je me serais attendue à des prix plus cléments et surtout des choix plus originaux de la part d’une école : je suis aussi là pour apprendre, pô vrai!.
« Hou, qu’elle est sévère ! » me direz-vous … J’ai quand même passé un agréable moment, ne vous y trompez pas !
Vous pouvez aussi réserver, de 11h 45 à 12h15 et de 16 h 45 à 17 h 15, au Restaurant d’application : ce sont alors les élèves des premières années qui sont aux fourneaux, il ne vous en coûtera alors que 10 $. Peut-être le rapport qualité-prix en vaut-il la chandelle ?
Quant à l’hôtel **** , que je n’ai pas testé, la nuit est à 109 $ les week-end, déjeuner inclus, pour une chambre avec balcon. Pas si pire !
Hôtel de l’Institut
3535, rue Saint-Denis
T. 514 282-5120 ; Réservation : 514 282-5161
http://www.ithq.qc.ca/hotel/
Restaurant de l’Institut et salle à manger Paul-Émile-Lévesque
Comptez 60 $ par personne, vin et taxes incluses ; 109 $ la nuit à l’Hôtel**** les week-end

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Ecrit par Célia le 15 fév 2010
Gâteries, Soupers chics