D’humeur Graveleuse

Ecrit par Alice le 10 fév 2010

Linge(rie)

2 culottes Dhumeur Graveleuse

Je ne vais pas me faire des copines, mais tant pis: je suis une fille culottée ou je ne suis pas. Je sais que la designer québécoise Eve Gravel est la coqueluche des magasines de mode et des fashionistas québécoises. Il faut dire qu’elle est plutôt impressionnante : à tout juste 30 ans, Eve Gravel a déjà 12 ans de métier et a créé sa propre ligne de vêtements alors qu’elle avait 23 ans. Et en plus, elle est vraiment ravissante. Check donc ça :

 Dhumeur Graveleuse

Sa collection est un délice pour les yeux, tout en finesse et en poésie, avec une petite touche british. La première fois que j’ai feuilleté son catalogue en ligne, j’étais comme une dingue. Je voulais tout acheter.

evegraveloldgirlydress 1 Dhumeur Graveleuse

evegraveltimeandspace Dhumeur Graveleuse

Mais un éclair de lucidité m’a traversé l’esprit et je me suis dit qu’avant de commander en ligne, je ferais peut-être mieux d’aller vérifier ma taille en essayant quelques modèles. Voilà comment je me suis retrouvée en compagnie de mon acolyte Célia, à La Baie, grand magasin que je déteste (toujours mon snobisme), sauf les comptoirs cosmétiques je précise. Je ne sais pas si ce sont les couleurs hideuses de la déco, la présentation inégale et peu inspirée des produits, l’armée de vendeuses pas très classes qui n’ont visiblement surtout pas envie de servir le client ou simplement l’image ringarde que j’ai du magasin, mais l’expérience La Baie me déprime à chaque fois.

Bref, nous nous rendons à l’étage des designers, dérangeons un petit groupe de six vendeuses en train de comparer leur vernis à ongles, pour leur demander où se trouve le corner d’Eve Gravel. Une vendeuse qui me semble être née en même temps que la fondation du Comptoir de la Baie d’Hudson nous réplique direct qu’il n’y en a pas. Une autre pense que oui, près du coin DKNY. Arrivées au coin DKNY, on cherche, on cherche, mais à part quelques fringues miteuses qui pendent lamentablement sur un portant, on ne voit rien. Une autre vendeuse, appelée en renfort (je vous épargne le détail réel des recherches, parce que nous avons bien dû interroger trois vendeuses différentes), nous confirme que les fringues miteuses qui pendent lamentablement sur un portant sont bien les créations d’Eve Gravel.

Je pince Célia. Ce doit être une blague. C’est des grands farceurs à la Baie. Parce que mettre si mal en valeur la relève du design québécois, lui offrir un pauvre rack, sans indication de ce qu’il contient, un rack trop étroit pour la quantité de vêtements qu’on y a entassé, comme on dit ici : ça s’peut pas!

eve gravel1 Dhumeur Graveleuse

Comme je n’aime pas La Baie au départ, ma déception n’est pas bien profonde. En revanche, un coup d’oeil plus attentif aux créations d’Eve confirme ce que je n’avais pas voulu voir sur son site Internet : les matières sont cheap au possible, je dirais même qu’elles sont cheap au boutte! Regardez-bien la jolie robe de la photo n.1 : 65% polyester, 35% rayon (182$ en prix régulier). Et celle de la photo n.2 : 60% rayon, 40% polyester (160$ en prix régulier). J’ai essayé la robe n.1 : la silhouette est nette, bien découpée, les détails sont adorables. Mais la ceinture est en plastique et l’ensemble, malgré le sublime modèle qui le porte (votre dévouée), est bien loin d’être à la hauteur de mes espérances.

Je comprends que la création coûte cher et qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle soit accessible sans qu’un compromis ait été fait sur quelque chose en l’occurence, chez Eve Gravel, la qualité des matériaux. Mais c’est tellement dommage! Eve, je te promets, si tu choisis du coton et du lycra (tu vois, je suis raisonnable), je te promets de payer le double pour tes créations. Mais tu vois, là, du polyester et du rayon, c’est au-dessus de mes forces.

Bon, allez, j’arrête mon cinéma, pour vous offrir en bonus la sélection de Célia, qui a trouvé une jolie robe en coton et spandex. Comme quoi…

Eve Gravel Melting Dress Dhumeur Graveleuse

Commentaire de Célia :

Et ben non, elle a pas trouvé parce qu’il n’y a plus sa taille nul part, trop de succès !  (note pour les esprits malveillants : non, elle ne la cherche pas en XXL)

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  1. Les sucettes à l’anis – Beauté ensorcelante – lesdessousdemontreal.com - - 08. mar, 2010

    [...] Encore une fois, cependant, la matière fait défaut, on retrouve encore ce satané viscose, quand ce n’est pas du polyester. Mais il faudra bien que je me résolve à accepter que ces jeunes créateurs doivent nécessairement économiser quelque part pour parvenir à diffuser des produits aux prix abordables. [...]

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